• Céline Gaillard

La douleur me rappelle de prendre soin de moi

On dit que la douleur tout comme l’émotion est un signal, une alerte du corps pour signifier un besoin peut être non satisfait, un malaise ou un danger. C’est comme un baromètre de ta météo intérieure.

Quel temps fait-il au dedans ? Que se passe t il au dehors, où suis-je entrain de courir ?

Ne vois-tu pas comme il est ardu parfois de te respecter ? de respecter tes besoins, tes limites ? de prendre soin de toi véritablement selon ton horloge biologique interne et ce qu’a besoin ton corps ?

Ne l’entends pas chuchoter pour te guider ?

N’attends pas qu’il crie pour te secourir ; sinon qui va te ramasser à la pelle ?

La douleur me rappelle de prendre soin de moi.

Sans elle, parfois tu t’entêterais à cette perfection inavouée, à ce contrôle intempestif, à cette soif de réussite, inexorablement imbue de cette reconnaissance tant attendue.

Sans elle, un jour, tu ne peux plus te lever de ton lit sans avoir rien vu venir.

Sans elle, un jour, tu manges sur le pouce, puis deux, puis…en chaine, la cascade de malbouffe, la montagne de listes de choses à faire, le stress à en avoir le souffle coupé, le sommeil qui ne se récupère jamais...

N’as-tu pas d’autres façons d’exister et de te sentir pleinement vivant ?

Ne vois tu pas que tu te brûles les ailes dans cette course à tout prix, à n’importe quel prix ?

La douleur me rappelle de prendre soin de moi.

Elle me glisse à l’oreille d’attendre, de patienter, de prendre une pause, de respirer, de prendre un bain, de bien manger, de bien dormir, de danser, juste un instant… qui sauvera tous les autres parfois. Elle m’accompagne dans ce savoir vivre patiemment, pour chérir l’instant tel qu’il est, et les merveilles de la nature et de la vie.

N’es tu pas déjà passé à côté de ta vie trop souvent ?

La douleur me rappelle de prendre soin de moi.

Sans elle, tu oublies que tu n’es pas éternel, que ton corps a une date limite de péremption et que c’est le seul véhicule qui transporte ton âme !

Sans elle, tu ne savourerais pas cette sensibilité dont tu as pris conscience si tardivement par peur de ta vulnérabilité, de ta véritable nature et de ton cœur aimant !

Sans elle, tu oublierais de vivre pour les choses simples et tu ne chialerais pas devant le miracle de la Nature, tant ébahi par la beauté d’un paysage neigeux, par la mise à bas d’une chèvre, par ce soleil radieux qui te fait cligner des yeux, ou par ce sourire d’un passant inconnu…


N’aurais pas tu oublié de vivre ? de vivre vraiment… Tu as du confondre l’instant présent à la brulure de cette urgence de vivre, de profiter, de t’exalter, de posséder, de désirer… et que te restera t il demain ?


Ne vois tu pas que tu as pris assez de temps pour éviter, évincer, reporter, procrastiner, ne pas entendre, ne pas voir, bredouiller, t’excuser du temps qui passe, de n’avoir pas pu, d’avoir oublié de, de faire comme ci, et un jour la cocotte qui bout n’en peut plus et déborde, déborde… tu te noies, et tu ne rends même pas compte que l’eau est brulante !


Songerais-tu en ces instants à remercier cette goutte qui a fait déborder le vase ? La réponse est non, n’est ce pas ? Bien sûr, il en faut du temps pour cheminer autrement, ajuster sa perception, prendre conscience de sa prison intérieure, se remettre en cause, se casser la gueule, et faire éclater cette putain de carapace. Parce que oui, souvent, tu t’es blindé, ton armure secrète a toujours était forte, tu as toujours visé la performance, tu as toujours su rebondir, briller, te battre, lutter, te dissocier pour ne pas sentir, mourir à petit feu en pensant profiter de la vie et être fort.

Oui, bien sûr, tu « travailles » sur toi, et les conditionnements, les blessures, les croyances ont la vie dure hein ?

Oui bien sûr tu mérites d’être heureux, oui bien sûr que je t’aime.

Et si la douleur se manifestait pour ce mal intérieur que tu ne veux ou ne peux pas toujours voir ? Ne t’en veux pas, ta conscience souvent a voulu te protéger.

La douleur me rappelle de prendre soin de moi.

La douleur a pris place dans ce vide immense en toi, pour te rappeler combien tu manques d’amour pour toi et que tes peurs dépassent l’entendement ! La douleur, c’est pour les vivants ! La douleur, elle te réveille de cette mort lente que tu as permis de souffler dans ton corps.

Et si la douleur se manifestait pour te faire faire le 1er pas ou les prochains pas dans ta transformation personnelle et spirituelle ? Et si la douleur se manifestait pour que tu réalises enfin la vie que tu es censée mener pour être heureux et épanouis ?

Es tu en accord entre tes pensées et tes actes ?

Ne laisse pas la douleur s’ancrer dans ta biologie. Un jour, tu n’auras plus besoin d’elle pour prendre soin de toi et t’aimer véritablement.

La douleur me rappelle de prendre soin de moi.

Peux-tu étreindre cette douleur ? Tu n’es pas obligé de l’apprécier, tu n’es pas obligé de l’aimer … Tu peux simplement la reconnaitre, la saluer comme un ami qui te veut du bien, tu peux même lui parler, lui demander ce qu’elle a à t’enseigner, tu peux même l’embrasser et rester là un instant avec elle dans un contact doux et apaisant.

Aujourd’hui, peux-tu ne serait-ce qu’écouter ce qui se passe en toi en toute confiance et sécurité ? Ressentir les sensations de ton corps ? Revenir pas à pas à la source de ce mal être ?

Et puis, pas à pas, juste te (re)découvrir sous un nouveau jour, un autre regard, dans ton être véritable, et remercier la vie qui chaque jour t’offre sa bénédiction pour ton bien et le bien de tous.

Avec tout mon Amour.


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